Des tangos encore inédits... le temps joue contre nous!
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22022010
Des tangos encore inédits... le temps joue contre nous!
Les 1er enregistrements de tango sont réalisés vers 1906/1907 et connaissent un succès grandissant jusque dans les années 40. La seconde moitié du siècle connait une décroissance du tango et donc du nombre d'enregistrements.
La technologie et les supports audio ont évolué au cours du temps.
Jusqu’en 1954, on parle de 78tours "discos de pasta", sur lesquels étaient enregistrés seulement 2 titres (un de chaque coté). Dans les années 50, le disque vinyle remplace rapidement les anciens 78rpm. Il est désormais possible d'enregistrer une douzaine de titres sur un même disque. Manque de chance, cette époque correspond au déclin du tango, si bien que seuls les plus grands succès commerciaux (principalement des années 40) sont réédités sur ces nouveaux supports. Il s'agit souvent des duos orchestre-chanteurs connus, tels que Pugliese-Chanel, Troilo-Fiorentino, D'Agostino-Vargas, Tanturi-Castillo etc. Tant pis pour les autres - à notre grand regret - rentabilité oblige.
Que nous reste-t-il?
Bien qu'il n'existe pas d'information précise sur le sujet, on estime à environ 25 000 le nombre de 78tours (disco de pasta) édités à l'époque, soit 50 000 enregistrements (2 titres par disque). Belle discographie!
Mais la suite fait mal...
Parmi ces 50 000 œuvres estimées, seules 12 000 ont été réédité sur un support plus moderne (vinyle "larga duracion" des années 50/60, cassette des années 70, ou CD des années 90 et plus).
Conclusion: il resterait, si ces chiffres sont justes, 40 000 titres jamais réédités depuis leur sortie en 78tours, soit 80% des tangos enregistrés durant la 1ere moitié du siècle!
Vous l'avez compris, certains enregistrements sont perdus à jamais. A l'époque des 78tours, les maisons de disques pouvaient éditer 5000 disques si le succès commercial était au rendez-vous (ces disques là ont été facilement retrouvés et ont déjà été réédités pour la plupart), mais pour le second rang, ils s'en tenaient au minimum industriel de 300 exemplaires. Allez retrouver une de ces perles rares (qui plus est en bon état) plus de 50 ans après...
Et les originaux alors?
Lors du changement de technologie vers 1954, beaucoup d'originaux en possession des maisons de disques (servant à presser les 78tours en quantité) ont été tout simplement détruits car il était clair pour eux qu'ils ne s'en resserviraient plus. Pour certains, comme Odeon, des copies ont été réalisées sur bandes magnétiques avant de jeter à la poubelle les originaux. Pour d'autres, comme RCA Victor, « le stock c'est de l'argent » et aucune copie ne fut faite. Poubelle à jamais !
Le temps joue contre nous!
Ce qui est perdu et perdu, mais il reste des 78tours chez les collectionneurs, les particuliers, le grenier de l'arrière grand mère argentine... Le travail initié par quelques organisations est de récupérer tout ce qui est récupérable avant qu'il ne soit trop tard. Parmi ce qu'ils récupèrent, une partie est commercialisée sous forme de CD. Le problème, c'est que les entreprises d'aujourd'hui obéissent aux mêmes lois du marché que dans les années 40. Pour éditer un CD de tango, il faut un minimum de 1000 à 2000 exemplaires, cela et vraiment un ‘minimum usine’! Car on voit ici que l'industrie du disque de tango est quasiment inexistante tellement elle est faible de nos jours. Seront-nous suffisamment de passionnés pour acheter ces disques aujourd'hui?
Acheter des disques de tangos...
Je ne m'avance pas trop en supposant que les droits d'auteurs ne rapporteront pas grand chose aux ayants droit, souvent disparus. En revanche, un cd acheté est une petite contribution pour les entreprises et associations qui prennent la peine de les éditer. Cela contribue naturellement à la sortie des nombreuses œuvres encore inaccessibles au grand public.
Et puis il y a la qualité des enregistrements. Pour avoir copié moi-même un grand nombre titres trouvés sur internet ou de mains en mains, la qualité est souvent bien inférieure à celle du cd original, ne serait-ce que par les encodages successifs utilisés aujourd'hui. Les formats de type MPEG (mp3, AAC, WMA) sont 'destructifs', c'est à dire que la compression est obtenue en supprimant des fréquences sonores. En général, une passe d'encodage conserve la qualité audio, mais un 2nd encodage réduit très fortement la qualité.
La qualité est un point crucial lorsqu’on parle d’enregistrements 100ans d’âge, et j'espère pouvoir continuer à découvrir les dernières trouvailles du fond des greniers avant que ces trésors ne disparaissent.
La technologie et les supports audio ont évolué au cours du temps.
Jusqu’en 1954, on parle de 78tours "discos de pasta", sur lesquels étaient enregistrés seulement 2 titres (un de chaque coté). Dans les années 50, le disque vinyle remplace rapidement les anciens 78rpm. Il est désormais possible d'enregistrer une douzaine de titres sur un même disque. Manque de chance, cette époque correspond au déclin du tango, si bien que seuls les plus grands succès commerciaux (principalement des années 40) sont réédités sur ces nouveaux supports. Il s'agit souvent des duos orchestre-chanteurs connus, tels que Pugliese-Chanel, Troilo-Fiorentino, D'Agostino-Vargas, Tanturi-Castillo etc. Tant pis pour les autres - à notre grand regret - rentabilité oblige.
Que nous reste-t-il?
Bien qu'il n'existe pas d'information précise sur le sujet, on estime à environ 25 000 le nombre de 78tours (disco de pasta) édités à l'époque, soit 50 000 enregistrements (2 titres par disque). Belle discographie!
Mais la suite fait mal...
Parmi ces 50 000 œuvres estimées, seules 12 000 ont été réédité sur un support plus moderne (vinyle "larga duracion" des années 50/60, cassette des années 70, ou CD des années 90 et plus).
Conclusion: il resterait, si ces chiffres sont justes, 40 000 titres jamais réédités depuis leur sortie en 78tours, soit 80% des tangos enregistrés durant la 1ere moitié du siècle!
Vous l'avez compris, certains enregistrements sont perdus à jamais. A l'époque des 78tours, les maisons de disques pouvaient éditer 5000 disques si le succès commercial était au rendez-vous (ces disques là ont été facilement retrouvés et ont déjà été réédités pour la plupart), mais pour le second rang, ils s'en tenaient au minimum industriel de 300 exemplaires. Allez retrouver une de ces perles rares (qui plus est en bon état) plus de 50 ans après...
Et les originaux alors?
Lors du changement de technologie vers 1954, beaucoup d'originaux en possession des maisons de disques (servant à presser les 78tours en quantité) ont été tout simplement détruits car il était clair pour eux qu'ils ne s'en resserviraient plus. Pour certains, comme Odeon, des copies ont été réalisées sur bandes magnétiques avant de jeter à la poubelle les originaux. Pour d'autres, comme RCA Victor, « le stock c'est de l'argent » et aucune copie ne fut faite. Poubelle à jamais !
Le temps joue contre nous!
Ce qui est perdu et perdu, mais il reste des 78tours chez les collectionneurs, les particuliers, le grenier de l'arrière grand mère argentine... Le travail initié par quelques organisations est de récupérer tout ce qui est récupérable avant qu'il ne soit trop tard. Parmi ce qu'ils récupèrent, une partie est commercialisée sous forme de CD. Le problème, c'est que les entreprises d'aujourd'hui obéissent aux mêmes lois du marché que dans les années 40. Pour éditer un CD de tango, il faut un minimum de 1000 à 2000 exemplaires, cela et vraiment un ‘minimum usine’! Car on voit ici que l'industrie du disque de tango est quasiment inexistante tellement elle est faible de nos jours. Seront-nous suffisamment de passionnés pour acheter ces disques aujourd'hui?
Acheter des disques de tangos...
Je ne m'avance pas trop en supposant que les droits d'auteurs ne rapporteront pas grand chose aux ayants droit, souvent disparus. En revanche, un cd acheté est une petite contribution pour les entreprises et associations qui prennent la peine de les éditer. Cela contribue naturellement à la sortie des nombreuses œuvres encore inaccessibles au grand public.
Et puis il y a la qualité des enregistrements. Pour avoir copié moi-même un grand nombre titres trouvés sur internet ou de mains en mains, la qualité est souvent bien inférieure à celle du cd original, ne serait-ce que par les encodages successifs utilisés aujourd'hui. Les formats de type MPEG (mp3, AAC, WMA) sont 'destructifs', c'est à dire que la compression est obtenue en supprimant des fréquences sonores. En général, une passe d'encodage conserve la qualité audio, mais un 2nd encodage réduit très fortement la qualité.
La qualité est un point crucial lorsqu’on parle d’enregistrements 100ans d’âge, et j'espère pouvoir continuer à découvrir les dernières trouvailles du fond des greniers avant que ces trésors ne disparaissent.
Dernière édition par Gregory Diaz le Mer 25 Mai - 15:14, édité 3 fois
Des tangos encore inédits... le temps joue contre nous! :: Commentaires
merci bcp par cette aportation... je n'imaginais pas que il y avait autant de matériel "disparu"... quel dommage.
Bonne initiative d'essayer de récuperer tout le récuperable....
Salutations
Carmen
Bonne initiative d'essayer de récuperer tout le récuperable....
Salutations
Carmen
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